Sociologie du vécu personnel


Quelques exemples de thèmes plus particulièrement concernés par cette approche…

  1. Puceles inégalités sociales : nous nous situons “quelque part”, dans un univers social qui distingue les riches des pauvres, ceux qui sont surtout riches de culture et ceux qui sont surtout riches d’argent, etc. La position que nous occupons joue un rôle essentiel dans la manière dont nous nous percevons et dont nous percevons les autres. Plus important encore, peut-être, la trajectoire que nous avons suivi dans cet univers social : nous sommes nés dans une famille qui elle aussi était “quelque part”, puis nous avons cheminé, parfois pour nous retrouver très loin de ce point de départ. Et nous portons en nous beaucoup de traces de ce chemin et de la distance qui nous sépare aujourd’hui de notre condition d’origine.

  2. Puceles relations de genre : il y a des femmes et des hommes et entre eux, comme on le sait, des relations qui sont de plus en plus complexes, parce qu’elles et ils ne se retrouvent plus dans les vieux schémas qui structuraient auparavant ces relations. Il faut donc comprendre les nouveaux enjeux de cette distinction de sexe, choisir la sorte d’homme ou de femme que nous voulons être. Il y a aussi les autres genres : les homosexuels ou bisexuels qui ne se reconnaissent pas dans les sexes tels qu’ils sont le plus souvent définis, les transgenres ou les intergenres, qui combinent plusieurs identités sexuelles, les queers, qui refusent d’appartenir à aucune de ces catégories… autant de situations personnelles qui ne peuvent prendre sens que dans un contexte social donné, où il va falloir réussir à trouver sa juste place.

  3. PuceLes émotions : on ne dira jamais assez toute la place qu’elles occupent dans notre vie et la détermination de nos actes. Or les émotions sont sociales, de deux points de vue. D’une part, même les émotions les plus élémentaires, probablement héritées de notre histoire biologique (la colère, la tristesse, la joie, la peur…) sont modulées par le social : c’est lui qui leur donne leur forme et leur valeur. D’autre part, certaines émotions particulièrement puissantes (et souvent négligées) relèvent directement d’une source sociale : la fierté et la honte, le mépris et l’envie, etc.

  4. Pucel’individualisme et le lien : nos société sont devenues individualistes, c’est-à-dire qu’elles considèrent comme prioritaire de reconnaître chaque individu dans son existence singulière et dans son projet de vie tel qu’il le décide lui-même. Pour une bonne part, c’est une évolution positive car elle débouche sur la liberté, l’égalité, des vies plus riches et plus souples. Mais l’individualisme est parfois lourd à porter car il fait peser sur l’individu une importante charge mentale et morale. D’où l’importance de pouvoir trouver autour de soi des supports, des liens porteurs, des appartenances structurantes… au risque parfois d’y perdre une part de son autonomie individuelle.

  5. Puceles processus biographiques : comment et pourquoi suis-je devenu ce que je suis, pourquoi tel événement est-il survenu dans ma vie, pourquoi ai-je fait tel ou tel choix ? Les approches psychologiques privilégient souvent la recherche d’une source, une explication dans des événements passés, notamment dans l’enfance.  L’approche psychosociale, en complément, accorde une grande importance à l’analyse détaillée du chemin par lequel nous avons progressé peu à peu et de l’influence du contexte sur nos choix.

  6. Pucela relation au langage et au corps : ce sont deux aspects essentiels de notre personnalité et de notre expérience de la vie, des aspects très intimes. Mais ce sont aussi des réalités sociales : on ne parle pas de la même manière et on ne vit pas son corps de la même manière selon les milieux sociaux, en fonction de son sexe ou suivant les générations. C’est au travers de nos manières de parler de de nous mouvoir que nous apparaissons en premier aux autres et qu’ils se situent par rapport à nous.

  7. Pucel’identité : identité personnelle, identité de l’autre face à moi, identité collective, questions essentielles pour chacun et pour la collectivité. Dans l’approche psychosociale, elle sont surtout abordées en termes d’histoire de vie et d’imaginaire. Voir la page sur ce thème.

  8. Pucela relation aux normes et à l’éthique : d’où vient que nous considérons ou sentons certaines choses comme bonnes, et d’autres comme mauvaises ? C’est une simple question d’orientation pratique au quotidien : pourquoi faire ceci plutôt que cela ? C’est aussi une question centrale d’identité : quelle sorte de personne suis-je pour aimer ou rejeter ceci ou cela ? C’est aussi un enjeu central de l’éthique : qu’est-ce que se comporter de manière “juste”, “correcte” face à telle situation ou dans sa vie en général ? Chaque individu a ainsi à se situer, à sa manière singulière, vis-à-vis d’un ensemble de normes sociales, liées à sa propre histoire : il va se les approprier, les rejeter, les subvertir, les faire évoluer à son tour.

Il n’y a pas
d’un côté les individus
et de l’autre
la société.

Les personnes sont faites de social,
et la société
est faite
par les individus

La sociologie est surtout connue pour s’occuper des “grands” phénomènes sociaux, ceux qu’on perçoit au travers des événements historiques ou des statistiques. Mais elle est également pertinente pour comprendre les “petites” réalités sociales que sont les individus ou les relations interindividuelles. Tous les aspects de notre vie, nos actions, nos croyances, nos conflits internes et externes, nos vécus corporels et émotionnels, etc., sont marqués par le contexte social dans lequel nous avons évolué. Pour mieux se connaître et pour agir de manière plus pertinente, il vaut mieux en prendre pleinement la mesure.

A quoi ça sert ?

Sources

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Une chanson gentiment ironique sur les limites d’une sociologie qui se limiterait au maniement de statistiques générales (Louis Chedid, Les gens)