Il faudra d’abord apprendre à identifier les questions éthiques, en les distinguant des autres questions qu’il nous arrive de nous poser (qu’est-ce qui est vrai ? qu’est-ce qui marchera le mieux ? etc.)… mais aussi en sachant les combiner.
Il faudra aussi savoir distinguer les perspectives éthiques : se demander quelle est la bonne manière d’agir n’a pas le même sens si je me soucie de respecter des principes essentiels (déontologie), si je m’inquiète des conséquences de mes actes (conséquentialisme) ou encore si je cherche avant tout à être “quelqu’un de bien” (éthique des vertus). De même, cela ne sera pas la même chose suivant que je privilégie l’impartialité (tout le monde compte autant dans mon appréciation) ou la loyauté (je donne la priorité à certains, qui pour moi sont plus proches).
Je serai amené aussi à m’interroger sur les sources des motivations éthiques. Qu’est-ce qui m’amène à vouloir faire le bien ? Un raisonnement, des sentiments, des habitudes plus ou moins choisies ? Qu’est-ce qui m’amène (parfois) à vouloir faire le mal ? Une erreur de perception ou de jugement, une faiblesse de ma volonté, une véritable intention malveillante ? D’où viennent et que valent les différentes émotions morales : honte, culpabilité, indignation, mépris, etc ?
Petit à petit, j’apprendrai à développer une perception éthique de plus en plus fine et subtile, à dépasser les premières réactions “à l’emporte pièce” (le plus souvent bien trop grossière) pour prendre en compte des aspects de plus en plus nombreux de la situation que je rencontre. Par forcément pour déboucher sur une “prise de tête” sans issue : au contraire, plus je m’entraînerait à percevoir les situations dans toute leur complexité, plus, dans la majorité des cas, la bonne manière d’agir me viendra comme naturellement.